Articles sur la difficile installation des moines de Flavigny à Solignac, dans Le Monde et dans Le Figaro .


« De nombreux paroissiens fuient néanmoins la cérémonie remaniée, comme en témoigne le peu de dévots agenouillés sur les prie-Dieu, le dimanche matin : une trentaine en moyenne, cinq à sept fois moins qu’avant. »

A la tête des ouailles courroucées, elle n’a pas de mots assez durs pour dénoncer la « mainmise » des moines sur l’église. « Ils ont fait de Solignac un village sans clocher. L’évêque nous a bradés, il a jeté le bébé avec l’eau du bain en donnant l’église. C’est une chance de voir revenir une communauté monastique, mais on veut des moines amis, pas des moines conquérants ».

Le litige se réduirait à un simple conflit de voisinage si un certain mystère ne planait pas, également, sur la nature profonde de la communauté. De création récente (1972), elle a vu le jour en Suisse, où ses fondateurs ont côtoyé Mgr Lefebvre, le chef de file du courant intégriste. […] Se réclamant de la règle de saint Benoît, mais n’appartenant à aucune des trois grandes congrégations de l’ordre bénédictin (Solesmes, Subiaco, olivétains), les moines de Clairval ont beau célébrer la messe selon le missel de Paul VI, majoritaire au sein de l’Eglise, l’usage du latin reste un marqueur fort des milieux traditionalistes.


« Cette église, c’est là où on a enterré la grand-mère, baptisé le petit, où j’ai fait ma première communion, là où on vient se marier de tout le Limousin. Et voilà que tout est fini ! L’église sera réservée aux Solignacois, le samedi entre 15 heures et 17 heures ! Et notre concert de Noël aux chandelles, qui était devenu une institution, comment on va faire maintenant ? »